Suresnes cités danse

Les Forains

Ballet urbain pour huit danseurs

mardi 31 janvier à 21:00mercredi 1 février à 21:00

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Salle Jean Vilar
1h
Tout public

En reprenant le ballet imaginé par Roland Petit en 1945 sur la poétique musique d’Henri Sauguet, Anthony Egéa et les danseurs de son Ballet Urbain Rêvolution lui ont donné un sacré coup de jeune.

La place de village est une rue de banlieue, les saltimbanques d’après-guerre se sont transformés en joyeux hip hopeurs et les numéros de cirque sont devenus un grand show urbain. Autre télescopage, entre chaque tableau de la partition originale enregistrée par l’Orchestre de Limoges, se glissent les sons synthétiques du compositeur électro Franck II Louise. Ainsi revisité, ce ballet redevient cette « vraie fête de la jeunesse et de la danse » jadis louée par Jean Cocteau. Dans un audacieux dialogue entre invention et répertoire, l’écriture chorégraphique d’Anthony Egéa décloisonne les esthétiques et s’ouvre à tous les publics.


D’après Les Forains d’Henri Sauguet, sur un argument de Boris Kochno, avec l’autorisation des Editions Salabert– © Universal

Direction artistique et chorégraphie Anthony Egéa

Production Compagnie Rêvolution. Coproduction Opéra de Limoges, OARA – Office Artistique de la Région Aquitaine. Avec le soutien de l’Opéra de Limoges, Le Cuvier–CDC D’Aquitaine, Le Centre culturel Jean Gagnant/Limoges. Partenaires DRAC Aquitaine, le Conseil régional de la Nouvelle Aquitaine, le Conseil départemental de la Gironde, la mairie de Bordeaux. Commande l'Opéra de Limoges. Fabrication du décor et des costumes Opéra de Limoges.

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Ballet urbain pour huit danseurs
D’après Les Forains, musique d’Henri Sauguet
Direction artistique et chorégraphie Anthony Egéa

Avec Sofiane Benkamla, Antoine Bouiges, Simon Dimouro, Manuel Guillaud, Jérôme Luca, Amel Sinapayen, Maxim Thach, Aurélien Vaudey
Musicien-DJ Frank 2 Louise

Musiques enregistrées partie orchestrale enregistrée par l’Orchestre de l’Opéra de Limoges, sous la direction de Philippe Forget
Création musique électronique Frank 2 Louise

Scénographie et lumières Florent Blanchon
Costumes Hervé Poeydomenge

 

 

Quand Sauguet dévoile les sonorités de son ballet Les Forains en 1945, le monde sort à peine d'un conflit mondial qui le laisse pantois et hébété devant l'ampleur de la tragédie. La musique que nous livre alors le compositeur n'est ni prophétique, ni emphatique : elle est belle, émouvante et d'une singulière simplicité. Une incroyable fluidité mélodique, presque d'essence populaire, la traverse d'un bout à l'autre de la partition. Et c'est là l'expression même de toute vie reprenant ses droits naturels malgré les méandres et les tourments de l'histoire: oser à nouveau ce qui est simple d'apparence, ce qui est beau et populaire, ce qui sait réunir dans une émotion partagée.
Soixante dix ans plus tard, l'oeuvre fascine et interpelle les artistes, interprètes et créateurs que nous sommes. Elle est généreuse et son large éventail d'expressions et de situations nous incite à la mettre en perspective avec le monde et les publics de 2015. En lui offrant un écrin, respectueux et réfléchi, de ce que nous voudrions voir comme des axes incontournables au dynamisme du spectacle vivant: L’interdisciplinarité, le métissage culturel, la rencontre des publics. Un unique désir : celui de restituer toute la dimension poétique de l'oeuvre de Sauguet dans une perspective où se rencontrent et s'harmonisent la danse, rêvée par Anthony Egéa, et musiques, dans un équilibre attentif entre la partition du ballet et l'univers électronique de Frank2Louise. Nous souhaitons témoigner d’un regard bienveillant envers cette oeuvre qui nous apporte l’inspiration nécessaire à une vision nouvelle et partagée. L’écriture chorégraphique d’Anthony Egea est nourrie d’un héritage des danses urbaines et retrouve dans cette partition toute la richesse vitale pour sa danse. Bordelais de sang et de coeur, Anthony trouve tout le sens naturel à travailler sur ce pan du patrimoine Bordelais que représente Henry Sauguet. Ce projet rapproche et décloisonne avec bienveillance des esthétiques venues d’univers sociaux différents.


Anthony Egéa
Issu de la danse hip hop, ma rencontre avec la danse classique à travers un ballet de Jirí Kylián a été fondamentale dans mon parcours. Elle a été source de curiosité et d’inspiration dans ma démarche artistique, et m’accompagne encore aujourd’hui.
Formé à la technique classique chez Rosella Hightower et aux techniques contemporaines chez Alvin Ailey, ma danse s’épanouit dans la force des images, la beauté des corps, la virtuosité et l’infime, le geste qui fait sens… J’aime bousculer les esthétiques, les faire se rencontrer, être dans le métissage et l’exploration de formes hybrides et novatrices. Cette envie de marier partition classique et gestuelle hip hop m’a conduit à collaborer entre autre avec le Ballet de l’Opéra National de Bordeaux, le Beijing Dance Theater, et à créer en 2010 Urban Ballet, pièce chorégraphique pour 10 danseurs, qui a rencontré un succès international.
Cette collaboration avec l’Opéra de Limoges autour de l’oeuvre Les Forains d’Henri Sauguet participe pleinement à cette démarche qui m’anime dans la réalisation de mon travail. Au delà de m’attaquer à une oeuvre du répertoire classique, c’est cette dimension grand spectacle qui m’est donnée à vivre et à expérimenter. Et bien sûr, cette sensation unique de vivre et ressentir la musique et la danse autour d’un partage avec un orchestre symphonique. Chorégraphiquement, j’ai envie de m’inspirer librement du livret de Boris Kochno où transpire cet univers de fêtes foraines, d’artistes saltimbanques, de numéros successifs propres à l’écriture circassienne dans laquelle ma danse peut trouver source d’inspiration et terrain d’expérimentation.
De la rue à la scène des théâtres, puis à celle de l’Opéra…30 ans d’ouverture et de mixité des publics pour parvenir à offrir à de jeunes danseurs venant de l’hexagone une lecture et un partage de nos patrimoines musicaux.

 
Frank 2 Louise
Ayant commencé la composition musicale au début des années 80, je suis de la génération qui a hérité des explorations des pionniers de la musique électronique, comme Pierre Schaeffer, Pierre-Henri ou encore les Kraftwerk. Je me souviens encore enfant de ma curiosité de la rencontre entre musique orchestrale et la musique électronique sur le film Orange mécanique de Kubrick.
Tout cela pour dire que je trouve très pertinent – la proposition du directeur de l'Opéra de Limoges, Alain Mercier, de faire dialoguer ces deux mondes. En étudiant de près la structure et l'énergie de l'oeuvre des Forains, il m'est apparu intéressant de faire coexister la puissance d'une orchestration dite "académique" avec la texture et la force du son synthétique, puisque ce projet doit avant tout servir une écriture chorégraphique sur la base de danse hip hop. La nature propre de cette danse a besoin de se nourrir du rythme, car chaque geste prend naissance sous l'impulsion musicale, plus que dans toute autre esthétique. Je pense donc procéder à une réappropriation de l'oeuvre, avec des instruments numériques, qui viendrait s'immiscer entre chaque tableau, c'est-à-dire en réponse à l'orchestre pour avoir en référence l'écriture originelle.
Je serais très intéressé de faire voyager cette composition à travers le temps, comme si les Forains, née en 1945, continuait d'exister dans le monde "numérique" d'aujourd'hui.