Suresnes cités danse

Rouge

jeudi 19 janvier à 21:00vendredi 20 janvier à 21:00

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Salle Jean Vilar
1h
Dès 8 ans

Si le hip hop était une couleur, pour Mickaël Le Mer, aucune hésitation : il serait rouge. Rouge comme la passion et l’intensité qui irriguent ce spectacle créé par la compagnie S’Poart.

Absente visuellement, elle est pourtant la clé des états de corps des interprètes. Ces sept b-boys chevronnés développent une gestuelle hybride qui porte la trace de leurs incursions du côté de la danse contemporaine, ou même classique. De leurs contrastes stylistiques naît une émotion rouge sang, nourrie de la diversité de leurs parcours. Pour l’apprécier pleinement, le public est immergé dans un bain musical en trois dimensions : la partition originale composée par Julien Camarena est diffusée en plusieurs points de la salle par Fabrice Tison, spécialiste de la spatialisation sonore. Il ne reste plus qu’à ouvrir grands ses yeux et oreilles pour faire, selon le mot du chorégraphe, place aux corps, au mouvement et à la danse !

Direction artistique et chorégraphie Mickaël Le Mer

Production Cie S’Poart. Coproduction CCN de Rillieux-La-Pape – Yuval Pick, CNDC d’Angers – Robert Swinston, CCN de Créteil et du Val-de-Marne – Mourad Merzouki/Cie Käfig, CCN de La Rochelle – Kader Attou/Cie Accrorap, le Grand R-scène nationale/La Roche-sur-Yon. Partenaires ministère de la Culture et de la Communication – DRAC Pays de la Loire, la région des Pays de la Loire, la ville de La Roche-sur-Yon. Avec le soutien de l’Adami et de la Spedidam.

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  • Rouge© Le Poulpe
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Direction artistique et chorégraphie Mickaël Le Mer

Avec Dara You, Aurélien Desobry, Nicolas Sannier, Teddy Verardo, Thomas Badreau, Dylan Gangnant, Giovanni Leocadie

Scénographie Olivier Menanteau « Moon » 
Lumières Nicolas Tallec 
Musique Julien Camarena 
Costumes Amandine Fonsin 
Regard extérieur Laurent Brethome
Spatialisation sonore Fabrice Tison

Le leitmotiv : « Tout est rouge »
La couleur rouge est visuellement éclipsée, elle n’apparaît ni dans les éléments scénographiques, ni dans les costumes, ni dans les lumières. Le rouge est omnipotent, de part les états de corps, la chorégraphie, l’émotion, ce qui est vu et ressenti. Couleur ambigüe, elle joue sur les paradoxes et anime des sentiments intenses et passionnels en totale contradiction. Que les passions qu’elle provoque soient bénéfiques ou néfastes, cette couleur ne laisse donc pas indifférent et c’est là toute sa force.
Le rouge est véritablement l’état global du spectacle.

Le parti pris gestuel
Je souhaite m’appuyer sur une écriture contemporaine sur des techniques de danse hip hop dans la continuité des pièces précédentes.
Les danseurs retenus pour cette création sont sept « b-boys » virtuoses, qui évoluent avec force et sensibilité à travers une danse hip hop qui s’inspire de différents styles. Certains des danseurs ont développé une gestuelle hybride en suivant des formations en danse classique et/ou danse contemporaine. Les interprètes ont des gestuelles et des rapports au sol discordants, l’idée est de s’appuyer sur ce contraste entre les danseurs pour soutenir le propos de la pièce. En faisant appel à l’histoire de chacun, à leur singularité, leurs richesses et leurs expériences, ils traversent ensemble les émotions pour transformer le groupe et leurs danses. C’est véritablement le sens des émotions qui est recherché à travers cette création.
Si la danse hip hop était une couleur, elle serait rouge.

La musicalité
Comme pour les précédentes créations, une collaboration avec un compositeur donnera lieu à une composition originale à l’image de la définition couleur rouge : éclectique et paradoxale Depuis « Instable », Fabrice Tison nous accompagne pour spatialiser la composition musicale, par un système de multidiffusion sonore. L’intention est de créer un système de diffusion sonore original afin de sortir des codes de représentation classique en cassant le rapport frontal qui s’opère entre les spectateurs et les danseurs sur scène. Il s’agit de faire en sorte que les musiques soient diffusés dans divers endroits de la salle pour permettre une immersion totale du public dans la pièce et ainsi accentuer la perception et les émotions qui suscitent la musique. « Le rapport frontal auditif en spectacle est devenu pour moi antinomique. Notre audition est pourvue de cette capacité à recevoir des informations dans l'espace, mais jamais flattée. La stéréo a pourtant supplanté le mono, mais restent deux formes frontales de projections audio. Antinomique de se contenter d'un son que l'on « voit ». Un auditeur est, selon moi, formaté à un style de présentation auditif. En concert, en théâtre, et surtout en danse, on n'entend ce que l'on voit.
Antinomique de confronter notre perception auditive omnidirectionnelle à un rapport frontal. Envelopper un auditeur dans un confort naturel me paraît une direction non négligeable, apportant à un public une écoute mettant en relation ce que l'on voit sur scène avec l'interprétation artistique sonore d'une oeuvre musicale, et ce, depuis ma première expérience avec Yann Tiersen en 2003 dans quelques Zénith de France.
Dès lors, on n'entend plus ce que l’on voit, mais on voit ce que nous voulons bien entendre. L'imaginaire, l'illusion conversent avec le réel, et la jonction entre la vision et l'audition s'accordent, c'est en tout cas ma démarche. »

L’organisation dans l’espace
Dans les précédentes créations, je mettais délibérément l’accent sur l’organisation dans l’espace en choisissant des scénographies mobiles aptes à démultiplier les espaces scéniques. Dans « Rouge », la scène sera avant tout habitée par les danseurs, il s’agit d’une volonté de laisser place aux corps, aux mouvements et à la danse. J’utilise une scénographie, qui contrairement aux précédentes créations, ne prend pas la forme de « mobilier » et ne sera pas amovible, cependant je tiens à ce qu’elle permette de redéfinir l’espace urbain de manière poétique dans la continuité des pièces existantes.

Mickaël Le Mer

Né en 1977, Mickaël Le Mer découvre le hip hop au début des années 90, lors de la « 2ème vague ». Il se forme avant tout au sein de l’aventure collective de la Compagnie S’Poart dès 1996. C’est dans ce contexte collectif que Mickaël Le Mer fit son premier essai en tant que chorégraphe et c’est avec In Vivo (2007), qu’il inaugure et assume une écriture exigeante qui prend appui sur l’expérience personnelle des danseurs. Le résultat est marqué d’une sensibilité à la fois poétique et urbaine, tout en développant une grande maîtrise de l’espace scénique, et de toutes les composantes du spectacle (lumière, scénographie, musique…). Son travail fut notamment récompensé en 2009 par le second prix du jury au concours de danse contemporaine « Re-Connaissance », organisé conjointement par la Maison de la danse de Lyon et le Centre de développement chorégraphique de Grenoble.
Suite à ce succès, Mickaël Le Mer fut invité par l’Institut Français (anciennement Cultures France) à créer une pièce dans le cadre de l’année croisée France-Russie 2010. Cette demande aboutira à la création de la pièce franco-russe Na Grani, une pièce chorégraphique pour dix danseurs et danseuses russes et français, issus du hip hop et de la danse contemporaine. Na Grani fut jouée pour la première fois à la Biennale de la Danse de Lyon en 2010. En 2012, il crée Instable, pièce chorégraphique pour six danseurs, coproduite par l’EPPGHV-Parc de la Villette, et Rock It Daddy, un show de danse hip hop sur des musiques rock n’roll cultes des années 50 à aujourd’hui.
Il participe également à de nombreux projets pédagogiques à la Roche-sur-Yon comme à l’étranger (Chine, Québec, Russie) toujours dans un souci de conserver un rapport de proximité avec les différents publics. Puis il travaille sur une nouvelle création : Rouge dont la sortie est prévue en octobre 2014 à Angers. A partir de la saison 2014/2015, il bénéficie pour trois années du statut d’artiste associé à la scène nationale du Grand R. « Mickaël Le Mer danse seul avec la danse ; il est là où il doit être. Il lui suffit, en apparence, de fermer les yeux, et la danse est là, ici et maintenant, qui l’enveloppe ou l’enlace. D’où viens-tu, lui demande-t-il ? Elle répond inexplicablement par un souffle, un geste, un mouvement; il respire, fait corps avec elle, à l’instar d’un duo intimiste à peine naissant, chaque fois renaissant, et une porte s’ouvre en douceur sur une terra incognita, que Mickael Le Mer connaît sans connaître depuis longtemps. »