Théâtre

Logiquimperturbabledufou

dimanche 31 mars à 17:00

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Salle Jean Vilar
1h20
Dès 14 ans

Tout commence par une histoire de pyjama, enfilé sur un pantalon… La patiente a froid ! Nous sommes dans les couloirs d’un hôpital psychiatrique. De ce texte écrit et complété d’emprunts à Tchekhov, Shakespeare, à l’humoriste Zouc ou aux images de Lewis Carroll, Zabou Breitman fait montre de ce mélange d’humour tirant sur l’absurde, de gravité douce et de légèreté inquiétante.

Terriblement drôle, tant les logiques imperturbables des soignants semblent emprunter à celles des soignés, texte et mise en scène jouent de cette frontière ténue entre raison et folie, faisant naître dans des situations d’un quotidien banal, une poésie de la langue hyper technique de la psychiatrie (ah ! ces noms de médicaments, mystérieux comme des planètes lointaines…).
Dans cette cage aux fous où, dans un délicieux jeu de proportions, de rythme et de précisions, évoluent quatre jeunes comédiens-danseurs-chanteursacrobates, Zabou Breitman nous parle finalement de cette magie fragile et surréaliste qu’est l’être humain.

"Du moment qu'il existe des prisons et des asiles d'aliénés, il faut qu'il y ait quelqu'un dedans. Si ce n'est vous, c'est moi ; si ce n'est moi, c'est quelqu'un d'autre."
La Salle n°6, Anton Tchekhov

Texte, adaptation et mise en scène Zabou Breitman

Production Le Liberté, scène nationale de Toulon. Production déléguée Les 2 Bureaux / Prima Donna.  Coproduction Anthéa / Antipolis Théâtre d’Antibes. Avec le soutien de la Chartreuse de Villeneuve-lez-Avignon – centre national des écritures du spectacle, du Théâtre de Châtillon et du Théâtre des Franciscains / Béziers. Avec l’aide de la Spedidam,  société de perception et de distribution qui gère les droits des artistes interprètes en matière d’enregistrement, de diffusion et de réutilisation des prestations enregistrées.

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  • Logiquimperturbabledufou(c) Vincent Berenger
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Avec Antonin Chalon, Camille Constantin, Rémy Laquittant et Marie Petiot
Acrobatie et chorégraphie Yung-Biau Lin
Clown Fred Blin

Assistantes à la mise en scène Pénélope Biessy et Diane Derosier
Chorégraphie Gladys Gambie
Décor et scénographie Audrey Vuong et Zabou Breitman
Costumes Cédric Tirado et Zabou Breitman
Création lumières Anaïs de Freitas et Zabou Breitman
Création son Grégoire Leymarie
Réalisation son Tiphanie Bernet

Librement inspiré d’oeuvres d’Anton Tchekhov, William Shakespeare, quelques mots de Zouc et de textes de Zabou Breitman et librement adapté du travail documentaire d’Ilan Klipper

Le terme de « logique imperturbable du fou », provient d’une phrase dans le roman de Lydie Salvayre, que j’ai adapté au théâtre La Compagnie des Spectres. Longtemps ces mots m’ont interpellée. Et puis l’esprit se focalise, s’inspire, la question devient obsession, et l’obsession, spectacle. Je veux explorer dans les franges de ce qu’on appelle « folie », les endroits qui frottent avec l’absurde, la poésie, la déraison. Ce spectacle sera un collage, et, comme je l’ai fait dans des Gens d’après Raymond Depardon, un montage inspiré du documentaire en grande partie, mais mixé, mélangé, fondu dans le « grand texte » de Shakespeare, à Tchekhov, Racine, Kafka, Lewis Carroll, Gogol et d’autres. L’idée n’est pas tant un patchwork qu’un assemblage si tenu qu’on n’en saurait distinguer les provenances, tout en y reconnaissant furtivement certains accents. Il y aura du texte, mais le « fou » que nous sommes, a un corps, ses arythmies, ses pertes d’équilibre qui seront l’objet d’un travail physique très présent. Des duos, des trios chorégraphiés. Je m’inspire également du travail du plasticien Liu Bolin, dont le corps caméléon, disparaît sur les murs, la nature les rayonnages de supermarché. Les acteurs sont très jeunes, et portent en eux, malgré eux, ce presque regret de quitter une enfance ou les folies sont apparentées au jeune âge. Ils apprennent à marcher comme des adultes raisonnables. Ils s’essaient, balbutient encore, avec l’énergie de l’immortalité.

Zabou Breitman

 

Zabou Breitman, metteure en scène
Zabou (Isabelle) Breitman, fille de l’auteur et comédien Jean-Claude Deret, et de la comédienne Céline Léger, baigne dans le théâtre et le cinéma depuis son enfance. À quatre ans, elle participe au feuilleton Thierry La Fronde, personnage et série inventés et écrits par son père, dans lequel sa mère, y interprète le personnage d’Isabelle. Elle étudie le cinéma, le grec moderne et l’anglais. Elle fait ses débuts au cinéma dans Elle voit des nains partout !. Elle joue également dans La Baule-les-Pins, Cuisine et dépendances ou encore Ma petite entreprise ou La Crise, de Coline Serreau. En 2002, elle joue dans Un monde presque paisible de Michel Deville. Avec Rémi Bezançon Le premier jour du reste de ta vie. Elle est également la compagne de Guillaume Canet dans Narco (2004). Puis, L’Exercice de l’état de Pierre Schoeller, Discount de Louis-Julien Petit, C’est le métier qui rentre de Diane Kurys et Je compte sur vous de Pascal Elbé. En 2001, elle réalise son premier long métrage, Se souvenir des belles choses, une comédie dramatique autour de la mémoire, pour laquelle elle remporte trois César en 2003, dont meilleure première oeuvre. L’Homme de sa vie son second long métrage sort en 2006. Je l’aimais adapté du roman d’Anna Gavalda, en 2009. No et moi, adapté du roman de Delphine de Vigan en 2010. Au théâtre, elle joue notamment sous la direction de Roger Planchon dans George Dandin de Molière (1987), Jacques Weber dans Tartuffe de Molière (1995), Bernard Murat dans Skylight de David Hare (1998), Daniel Benoin dans La Jeune Fille et la mort d’Ariel Dorfman (1999) Frédéric Bélier- Garcia dans Hilda de Marie Ndiaye (2002), Yasmina Reza pour Comment vous racontez la partie au théâtre du Rond-Point (2014). En 2002, elle met en scène la pièce L’Hiver sous la table de Roland Topor au Théâtre de l’Atelier à Paris (qui remporte les Molière de la meilleure mise en scène, du meilleur spectacle, de la meilleure actrice (Isabelle Carré), du meilleur acteur (Dominique Pinon), du meilleur décor (Jacques Gabel) et de la meilleure lumière (André Diot). En 2005, Blanc à la Madeleine d’Emmanuelle Marie. C’est en 2009 qu’elle reçoit le Molière du théâtre privé et celui de l’adaptation pour sa mise en scène du spectacle des Gens, d’après Raymond Depardon. Suivent La Compagnie des Spectres de Lydie Salvayre au Montfort, en 2010, La Médaille au Rond Point toujours de Lydie Salvayre, en 2011 Le Système Ribadier à la Comédie-Française théâtre du Vieux Colombier, L’Enlèvement au Sérail de Mozart, direction Philippe Jordan, à l’Opéra National de Paris (Garnier) et Le Journal de ma Nouvelle Oreille (adaptation et mise en scène) de et avec Isabelle Fruchart, à Avignon et au Rond-Point .

Le talent de Zabou Breitman est d’en faire une comédie au charme rare entre apparitions incongrues, personnages tirés vers le fantastique de Lewis Carroll et situations quotidiennes où le moindre détail devient un enjeu considérable. Au rythme d’un délicieux jeu de passe-passe pour l’oeil et l’oreille.
Emmanuelle Bouchez, Télérama, 21 juillet 2017

Un mélange d'humour tirant sur l'absurde, de gravité douce, de fantaisie et de légèreté dont Zabou Breitman a le secret. La partition est ici autant physique, acrobatique et visuelle, que textuelle, où la poésie naît d'un rien. Breitman a un sens très fin du burlesque, du jeu sur les proportions qu'il suppose, et de la précision de rythme de jeu qu'il recquiert. elle a formidablement bien choisi et dirigé ses quatre jeunes comédiens, jamais ils ne lâchent la note de cet hyperréalisme aérien, de cet humanisme sans grandes orgues, qui font tout le prix de ce spectacle.
Fabienne Darge, Le Monde, 25 juillet 2017

 

Porté par quatre jeunes comédiens exceptionnels sous forme de courtes scènes, ce projet très imaginatif fait appel à toutes leurs richesses de jeu : mime, clown, danse, voix. Entre un théâtre documentaire et un psy-show, ils réalisent des prouesses. Une performance absolue où se composent des images fortes et des sons inattendus, réinventant à chaque instant les situations de ce spectacle très abouti qui exploite l’espace, les lumières et les capacités du lieu à plein.
François Varlin, Théâtral magazine, 20 juillet 2017